20.07.26 ~ 16:11–16:26
last time they came — weather was dark, fire flickering in the fireplace — no one could make out the shapes at the bottom of the garden — our bags were ready — it’s the day you broke your favourite mug — i saw its sharp pieces in my dream — scattered on the floor — was i sad i can’t remember — the moment it fell — the shock on the white tile — you say: reality will glue the bits together — wasn’t it the coldest year ever, and loneliest, and longest, and — our ears, in all that, were still ringing with half-forgotten parties — you wouldn’t speak much those days
21.11.24 ~ 11:34–11:49
pologne on calcule — les dimensions de nos questions — mesure nos souvenirs en litres — c’est une vie et — la moitié d’une vie et — le quart d’une vie et — les bières coulent dans les pensées — comme des hypothèses à pas feutrés — tu dis : la transylvanie n’est pas loin, à peu près — quelqu’un renverse son verre — depuis des années l. ne me parle plus — tu m’écris toutes les deux semaines, c’est une règle que tu t’es fixé — tu y as dérogé deux fois depuis décembre et je n’ai jamais su pourquoi — certaines questions restent ouvertes une fois les verres finis — comme : pourquoi nous déplaçons-nous sans relâche — comme : pourquoi le centre de gravité n’est jamais atteint — comme : pourquoi certaines personnes persistent à proposer des réponses ?
22.11.24 ~ 10:01–10:16
at last it was — poland it was north and east and far — we ate and drank and ate and — asked the estate agent how much this one would be thank you very much — we slid into the baltic sea — with tenderness we slid — ten degrees on our warm skins — i wonder what t. is doing, you read my question on my face — have no answer — here, trains play the same notes as elsewhere, but more slowly — your bag is your home is your bag is your home is — we never get bored of looking at maps — you covet norway i eye latvia — i wonder how many alphabets one can know at the same time — answer in the language of your choice, i’ll learn it
23.11.24 ~ 12:06–12:21
ça avance vertical, ça affine les regards, les peaux rétrécissent, développent des rapports nouveaux, on fabrique de nouveaux paysages au centre de ceux qu’on connaissait déjà : sheffield la roche, sheffield les doigts violets sur les guidons de vélo, sheffield une compréhension renouvelée de la beauté, des mondes verticaux entrouverts
24.11.24 ~ 09:52–10:07
matin un de plus c’est — les mêmes je baille — au réveil la main — lourde d’hier les creux — plus profonds et impossible de savoir qui est — au tournant — les vols — pour la pologne sont bon marché aujourd’hui — mon ami est à 3000 kilomètres tandis que je — rééduque mon muscle, le flux de ma main perpendiculaire au coeur immobile — je grimpe les syllabes comme hier les murs, réapprends mes oublis, récupère les forces perdues — me souviens de respirer durant la phrase, me débarrasse de mes apnées — je repense — des soirées étranges et la beauté du rhône parallèle à nos guidons — hier c’était encore une fête oubliée — ça dit : je recrée les cadres du fantasme
25.11.24 ~ 11:03–11:18
you measure the circumference of the house — from door to garden you measure — boil the kettle — the figure was never the same — the kettle boils: one, two, three, four, you count out loud, stop, restart, you say: it’s not accurate enough — you pour the water in the sink, lukewarm, you restart — what is it you were measuring again — you say: i’ll know when i see the number — water’s warm and — the length of our lives, obviously — is what you say
26.11.24 ~ 13:22–13:37
au matin pluie comme soleil à l’envers, quelles sont les causes du gris, la sortie des fleuves hors de leur lit, les questions s’affaissent sous l’odeur du café, on dit : pourquoi je tourne depuis, depuis, autour des dix — mêmes mots mêmes visages — pourquoi je — parle de rainures et d’espaces je parle — de trajet de peau — en long en large d’une histoire, découpée